Mardi 22 octobre 2019
«C'est dans une démarche d'action de grâce que je voudrais personnellement partagé mon expérience de mission dans un milieu a majorité musulman. "Le Seigneur est ma lumière et mon salut et de qui aurais-je crainte". Confiance vue que le Seigneur lui même qui envoie son serviteur parmi son peuple.» Père Adanle Abouke Léopold, Mccj.

Expérience missionnaire au Nord du Bénin
Père Adanle Abouque Léopold

C'est dans une démarche d'action de grâce que je voudrais personnellement partagé mon expérience de mission dans un milieu a majorité musulman. "Le Seigneur est ma lumière et mon salut et de qui aurais-je crainte". Confiance vue que le Seigneur lui même qui envoie son serviteur parmi son peuple.

C'était en Mars 2015 après cinq mois de sacerdoce que j'ai été envoyé au Nord du Bénin dans une des missions  confiées au Missionnaires Comboniens du coeur de Jésus plus précisément la Paroisse Saint Tammaro de Toko Toko.

Hommage à son grand pasteur défunt Mgr Paul VIEIRA, le diocèse de Djougou au Nord du Bénin est majoritairement musulmans avec la présence de toutes les fractions que constituent cette dénomination. Malgré cette présence grandissante, notre Église Catholique fait son chemin par sa présence partout dans le milieu.

J'ai été particulièrement bouleversé tout au début de mon ministère dans ce milieu purement Islamisé car témoins de certains conflits interethniques et comme pèlerin de la Bonne Nouvelle je m'étais très tôt mis au travail avec des rencontres au sein des jeunes. 

Cette couche sociale est la plus vulnérable et exposer de façon rapide au enseignement de la part de leur amis et avec cette stratégie mis en place j'ai eu la facilité dans mon insertion tant sur le plan pastorale et tant sur le plan relationnel avec nos frères musulmans. 

Le diocèse continue de faire son chemin sur le plan du dialogue interreligieux et encourager par tout les pasteurs ce qui favorise le soutien mutuel et l'échange des idées. 

Située à 40 Km de la ville de Djougou, notre mission est entourée de part et d'autres des Mosquées et même d'une imposante  école coranique. Cette flambée de construction d'infrastructures coraniques est bien programmé selon nos recherches à rivaliser la foi chrétienne et l'influencer. Par ailleurs le respect mutuel et la collaboration entre religions ont favorisé jusqu'à ce jour un climat de paix. Très souvent ,surtout pendant les périodes de fin d'année comme communauté nous leur rendons visite dans le but de consolider nos liens. En effet, comme Aumônier  diocésain de la Légion' de Marie  cette charge m'a permis de toucher du doigt quelques difficultés qui entravent les relations entre les religions en générale. Bon nombre de nos jeunes en quête d'une vie meilleure se migrent vers le Nigéria voisin. Après leur retour de cet exode, on observe un changement de vie inquiétant avec une certaine radicalisation d'idées. Face à la pauvreté et au manques de moyens, nos jeunes se laissent facilement convaincre et devient parfois réfractaires à leur foi chrétienne.

"Rendez grâce au Seigneur car il a fait des merveilles...." Vivant dans l'espérance, note Dieu est a l'oeuvre.
Père Adanle Abouke Léopold, Mccj.

Expérience missionnaire
à Manigri – Bénin

L'activité missionnaire, et de manière particularité, la mission ad gentes, sera toujours d'actualité partout dans le monde. Nous pensons que la mission ad gentes est encore nécessaire ici à Manigri pour manifester l'amour de Dieu à nos frères et sœurs chrétiens qui sont en minorité par rapport à la présence musulmane, d'une part et nos frères et sœurs les musulmans ont également besoin de notre présence afin de voir une autre manière de vivre la foi, d’autre part.

La mission ad gentes dans un contexte majoritairement musulman comme le notre, a deux volets. Dans un premier temps, nous avons le devoir d’accompagner la minorité chrétienne qui, sans notre présence serait désorienté comme des brebis sans pasteur. Ensuite, notre présence parfois silencieuse, mais significative est la manifestation de l'amour de Dieu dont nous bénéficions tous sans distinction de races, de sexes, d'âges et de religions.

Pour ce qui me concerne, Je suis très heureux lorsque je circule dans le village en saluant les personnes âgées tout comme les enfants. En donnant un sourire à un malade, ainsi qu'à un bien portant. M'arrêter pour écouter quelqu'un qui a besoin d'un conseil. Partager la souffrance, ou la douleur du décès d'un proche. Il y a aussi des moments de joie, lors de la naissance d'un nouveau né, ou au moment de la réussite des enfants à l'école, ou des bonnes récoltes. C'est ainsi que nous pouvons, comme disait le Pape François, « sentir l'odeur des brebis ». Notre présence au milieu des gens dans la mission, ne se limite pas à être signe et manifestation de l'amour divin. Il faut aussi, comme le disait notre père fondateur, nous nous consacrons pour les plus pauvres et les plus abandonnés. C’est ce qui nous motive à aller jusqu'aux confins de notre paroisse, à plus de 50 km pour rencontrer des hommes et des femmes pour qui le cœur de notre Seigneur Jésus-Christ a palpité. Ces frères et sœurs ont soif de Dieu et attendent à ce que quelqu'un puisse les abreuver de cette source inépuisable qui est le Christ li même. Parmi nous sommes prêtres,  enseignants, parfois infirmiers, maçons, ou simplement un frère.  Lorsque notre milieu est vraiment de première évangélisation,  il nous faut être des catéchistes.

En conclusion, nous trouvons qu'il est urgent d’être missionnaire ad gentes. Même s'il arrivait que dans le milieu où nous nous trouvons il n’y a plus de réalité de mission ad gentes, nous devons aller la chercher à toute vitesse. Notre Père fondateur appelait cette mission ad gentes, « faire cause commune » …. avec ceux vers qui nous sommes envoyés (le riche et le pauvre, le vieux et l'enfant).

Nous avons demandé à certaines personnes de notre communauté s'il était nécessaire la mission ad gentes en un milieu majoritairement musulmans, la réponse était affirmative : ‘ nos frères les musulmans nous prennent parfois comme exemple, surtout lorsque nos prêtres nous visitent lorsque nous sommes malades ; ou encore lorsque les prêtres nous organisent pour nettoyer le cimetière’. Une autre personne nous a répondu en disant que notre religion, même si elle est petite, apporte la paix dans un milieu comme celui-ci, même si nos frères et sœurs musulmans aimeraient que nous devenions tous musulmans.