par Alessandro Guarda

Introduction

A la fin de sa vie, Van Balthasar, théologien suisse du ‘900, écrit que la dynamique des divers aspects de l’Eglise peut être renfermée dans un dialogue entre deux dimensions ecclésiales: celle institutionnelle et celle charismatique. Si une des deux vient à manquer l’Eglise n’est plus la même.
La vie économique et civile peut être lue comme un dialogue entre deux principes ou dimensions.
Quand on raconte, par exemple, l’histoire économique et civile du Moyen Age, la naissance de l’économie du marché, on l’explique par les grands changements des commerces, la renaissances des villes après l’année 1000. On raconte encore l’humanisme. la découverte de l’Amérique, l’arrivé de l’or, les grandes compagnies des Indes, Marc Pole, les villes maritimes, etc. Celle-ci est l’histoire économique que l’on raconte : l’histoire surtout institutionnelle.

L’Histoire

Mais il y a une “histoire économique charismatique” autant importante qui n’est presque jamais racontée. Voilà quelques épisodes :
Un premier épisode fondamental est le mouvement monastique, avant et après l’année mille. S. Benoît est le père d’un des mouvements monastique les plus importants. Derrière la simple formule « Ora et labora » se cache aussi une révolution économique et civile énorme, qui a c réé les conditions pour l’économie de marché. Avec le charisme de Benoît il est arrivé que deux dimensions de la vie qui dans le monde gréco-romain étaient séparées – la dimension spirituelle et la dimension du travail – soient recomposées en unité. Dans le monde ancien qui travaillait n’étudiaient pas et qui étudiaient ne travaillaient pas (travaillaient les esclaves). Benoît a une intuition charismatique et dit justement : le moine doit travailler et prier, le moine donc en certains cas fait aussi des activités manuelles, s’occupe des champs et de la gestion du monastère comme partie intégrante de sa vie de perfection chrétienne. Ainsi il arrive quelque chose de fondamentale pour l’économie aussi : ce n’est pas par hasard que dans les monastères autour de l’année mille nous avons les premières formes d’innovation comptable. Un exemple : la partie double fut inventée par un frère – Pacioli – dans le Quattrocento, mais déjà autour de l’année mille nous voyons fleurir les premières idées de comptabilité complexe, car si un moine qui est intelligent et a étudié, administre une abbaye complexe, puisqu’il est un homme cultivé il a des idées.
Un autre exemple : autour de l’abbaye sont nées les premières formes modernes de districts industriels. Si vous regardez, en Italie, là où il y a aujourd’hui un district de la laine, des tissus, des chaussures, dans la plupart des cas dans ces zones-là il y avait antan une abbaye qui créait connaissances, des artisans à qui on donnait en commission des travaux, etc. L’abbaye devenait donc un lieu de civilisation, elle était en dehors de la ville, mais elle édifiait le civil. Dans les monastère naît la première réflexion su r quelques thèmes économiques fondamentaux : le prix, le profit, l’échange. Dans les monastères naîtra la première légitimation étique du marché. Le problème naissait avec les surplus. Le grain produit qui excédait il fallait le vendre à la ville : mais à quel prix ? Quel est un prix juste, en ligne avec l’Evangile ? Commence alors une réflexion sur le juste prix, sur le marché comme un lieu non négatif en soi-même, une opération qui sera à la base fondamentale afin que le marché puisse se développer non contre l’Eglise, mais dedans de l’humanisme chrétien comme il arrivera dans le Quattrocento avec les Franciscains. L’on peut donc affirmer que si on n’avait pas eu le mouvement monastique autour de l’année mille, nous n’aurions pas eu l’économie de marché comme nous la connaissons aujourd’hui.
Un deuxième épisode important de cette histoire charismatique de l’économie et de la société occidentale, est le mouvement franciscain : ce fut des Franciscains mineurs en particulier que naissent les premières banques populaires modernes, les « Monti di Pietà ». Ils naissent autour de 1450/1480 en Ombrie, Marques et Toscane des Mineurs Reformés pour « soigner la pauvreté » ; les Frères de Perugia, d’Ascoli Piceno, de Syène – pensons à Bernardino de Syène, à S. Jacques de la Marca, Bernardino de Feltre, etc. - pour soigner la pauvreté par amour de « madone pauvreté » ils font naître les premières banques populaires modernes. Celui-ci est un exemple d’histoire qui a eu une valeur énorme : un mouvement qui fait de la pauvreté son propre idéal. fait naître… les banques. De ce grand mouvement spirituel, mouvement essentiellement charismatique, naît une institution fondamentale pour le capitalisme (les banques). « Les bancs » existaient avant le christianisme, mais ils étaient des bancs privés, maintenant naissent les premières banques publiques, populaires. Ce sont les premières intuitions de celles que nous aujourd’hui connaissons comme micro finance et micro crédit. A lire les statuts des Monti di Pietà, il semble de lire des documents de l’ONU d’aujourd’hui. L’on regarde le pauvre – puisque il y a un charisme derrière, - comme une ressource et non comme un problème. Les Franciscains disaient : tant qu’il y a un pauvre, entendu comme indigent, en ville la ville est malade.

Le temps de François d’Assise est caractérisé par des profonds changements. Tandis qu’en des vastes étendues de l’Europe fleurissait la société féodale, dans l’Italie du XI siècle se développèrent les premiers signes d’une société pré-industrielle. La population se multiplia par trois. Environ le 5% vivait ensemble dans des centres de ville. l’argent augmenta fortement de signification et les relations interpersonnelles devinrent sensiblement plus complexes (par exemple, progressive division du travail, fin de l’économie d’échange…). Si au cap du millenium les villes étaient plutôt une exception dans la plaine du Pô et au long des cotes, vers la moitié du XIV siècle déjà trois millions de personnes vivaient dans des villes. La moitié d’elles était distribuée dans les 75 villes avec 20.000 habitants. Le reste était éparpillé dans quelques centaines de « villes » qui parfois n’avait pas plus de 3.000 habitants. Les villes grandissaient plus rapidement de la population totale. Souvent le 50% des habitants était constitué de paysans récemment arrivés en ville. La ville comme lieu de marché fut le début de l’économie de marché. Des établissements textiles commencèrent avec une grande production dans l’Italie du Nord, dans le sud de la France et dans les Pays Bas. Les habits devinrent le premier succès d’exportation de l’Europe, tandis qu’en même temps augmentait le commerce de tissus exotiques. Pierre Bernardone, le père de François, était un riche commerçant de tissus.
Les relations furent de plus en plus déterminées par la possession d’argent. Qui n’avait pas d’argent, en ville, était exclu des choses nécessaires à la vie et se réduisait à mendier. Vues sur cet arrière plan, les quatre décisions de François d’assise n’étaient pas un choix ascétique. ne pas avoir d’argent, ni propriété, le travail manuel et, comme dernier choix pour survivre, demander l’aumône, étaient des concrètes options économiques et sociales pour les relations des hommes entre eux et avec Dieu, qui étaient – et sont encore – extrêmement menacées par les idoles de l’argent et de la propriété.


D’autres exemples: sans les charismes sociaux et de charité du ‘700 et ‘800, nous n’aurions pas l’histoire sociale du ‘900. Les écoles publiques, les hôpitaux et la santé publique sont nés aussi parce que des fondateurs de charismes en ‘600/’700/’800, par amour de personnes concrètes, ont fait naître les premières écoles, les premiers hôpitaux, les premières œuvres sociales : ils n’étaient pas des économistes, mais ils avaient des charismes qui portèrent aussi des effets économiques. Un dernier exemple : le premier contrat légal de travail pour un mineur l’a écrit Don Bosco à Turin, qui est après devenu l’apprentissage : un charisme qui naît pour les jeunes invente aussi un instrument économique innovateur.

Les Missions

Avec la découverte européenne du Nouveau Monde et donc avec le développement des moyens sûrs de voyages transocéaniques dans le 18.e siècle, cet héritage monastique et mendiant de soupçon envers l’argent, se développa en quelque chose de différent. La « dangereuse » mémoire des pauvres, itinérants hérauts de l’Evangile du Fondateur de la Chrétienté fut presque totalement apprivoisée. En plus, différemment des missionnaires du Moyen Age Bénédictins et Franciscains, les missionnaires modernes – Protestants et Catholiques – se trouvèrent à travailler sous le poids de systèmes coloniaux et impérialistes. Psychologiquement peut-être d’une façon plus dangereuse, ils travaillèrent au milieu de peuples dont la culture matérielle étaient méprisée par la plus grande partie des Européens et Américains et dont la culture spirituelle peu d’Occidentaux apprécièrent. Au lieu de partager totalement en égaux dans la vie de leur peuple, dans l’esprit de l’évangéliste Luc, les missionnaires modernes créèrent des mini-stations européennes et américaines en terre exotique et souvent ils eurent leurs femmes ou des escadrons de religieuses dévouées à pourvoir à leur santé familiale quand ils retournaient chez eux après leurs jours de safari. Relativement au standard de vie de leur patrie, ces stations étaient modestes ; mais par rapport au standard de vie des gens qu’ils pensaient d’évangéliser, ces stations étaient souvent luxueuses.
Tandis que les missionnaires qui voyageaient des rivages occidentaux dans le siècle passé n’avaient ni ordinateur, ni une flotte aérienne, ils étaient, pour le standard de ce temps-là, autant bien équipés. Même la plus modeste expédition missionnaire dans l’Afrique Orientale, par exemple, demandait l’emploie de centaines – parfois des milliers – de porteurs autochtones, non rarement pendant des mois pour transporter les biens des missionnaires. Et leur standard de vie, même si modeste et parfois de mauvais goût pour le standard des missionnaires contemporains Européens et Américains, il était suffisamment impressionnant à évoquer la stupeur, l’admiration et l’envie des Africains.
Les tentatives d’expliquer les buts, les méthodes et la réalisation des comportements missionnaires chrétiens occidentaux pendant les deux cents années passées, ne peuvent pas être suffisamment comprises sans une certaines compréhension du milieu socio-économique plus élargi, duquel ils étaient simplement une pieuse expression.

Au dix-neuvième et jusqu’au vingtième siècle, une puissante convergence de courants idéologiques, économiques et politiques parcoururent le déjà submergé occident de la planète. Conforme à la nature des inondations, celle-ci aussi intéressa pour le bien et pour le mal toute chose sur son passage, et il y eut bien peu de choses que l’on puisse faire contre elle. Certains étaient transportés et détruits par le courant ; les survécus – parmi ceux-ci les missionnaires occidentaux – étaient transportés inexorablement avec elle, comme des pièces flottantes, partout l’inondation les porta. Par rapport à la puissante vitalité de ce flux déracinant, même les tentatives de résistance les plus énergiques étaient faibles et nécessairement inefficaces.
Parmi les idées qui influencèrent la théorie et la pratique missionnaires depuis le début de l’ère moderne, probablement personne ne peut deviner le pouvoir pervers de la croyance occidentale sur l’inévitabilité du progrès. La loi du progrès était, dans les paroles d’un historien, « la plus grande leçon que l’histoire nous enseigne ».
Non seulement les missionnaires cédèrent dans l’inévitabilité du progrès, mais ils virent eux-mêmes comme ses vrais émissaires.
Les conclusions occidentales concernant le progrès et la civilisation sont seulement des parties d’un derrière plan contre lequel la richesse relative des missionnaires doit être vue. La surabondante supériorité raciale, matérielle et politique des nations « chrétiennes » était non simplement un fait, mais – dans la pensée missionnaire – un fait providentiel. Le racisme missionnaire était d’un genre infiniment plus bénin de celui des savants du dix-neuvième siècle, il est vrai, mais ils étaient quand même racistes. « Le missionnaire, remarquait le Secrétaire aux Affaires Etrangères de la Société missionnaire de Londres, appartient à une race supérieure en énergie e, affirmant le droit de conduire et gouverner, à une race dont la richesse est évidente au monde entier. »

L’expansion, soit de l’Europe que du Christianisme, fut facilitée par les nouvelles applications mécaniques et la croissante richesse associée à la Révolution Industrielle. Il y avait des machines qui produisaient une abondance de marchandise dont la vente poussa les Européens jusqu’au extrémités de la terre. Le machines rendirent les transports et le communications plus rapides et ainsi ils réduisirent les dimensions de la terre de façon qu’il fut possible pour les Européens, inclus les missionnaires chrétiens, de la parcourir. Le monopole des nouvelles machines permit aux occidentaux de gagner la domination de la plus grande partie de la terre, et de imposer leur propre volonté sur les autres peuples. Des machines vint la richesse, une partie de laquelle, en réalité une petite partie, fut dédiée par les Occidentaux à la diffusion de la foi. Ce fut l’exaltation du pouvoir et de la richesse rendue disponible et des portes ouvertes par les machines, qui compta en partie dans cet abondant optimisme du dix-neuvième siècle avec lequel la diffusion du christianisme fut si strictement associé.
Sans une grande provision d’argent non seulement les efforts missionnaires de l’occident auraient été sévèrement tranchés, mais il est possible d’hypothiser, qu’ils auraient cessés. Les stratégies occidentales, commençant par le support des missionnaires occidentaux mêmes, sont intensément influencés par l’argent. Se nier l’accès à la richesse occidentale aurait été un acte de suicide pour le mouvement missionnaire. Sans vouloir attaquer la notion de solidarité chrétienne internationale, l’ambiguïté pratique du support financier du Nord par rapport à l’effort d’évangélisation du Sud, simplement ne devrait pas passer sous silence. Nous avons les exemples historiques d’un nombre impressionnant d’écoles, d’églises et hôpitaux fondés et construits soit par les Catholiques que par les Protestants dans leurs missions. Sans doute ils firent énormément de bien, mais ils créèrent aussi l’impression que l’entreprise de mission / évangélisation est portée à terme par une puissante corporation religieuse internationale.

(Fr. Helmut Rakowski, OFMCap ) En même temps il y a aussi l’autre aspect, que j’ai pu voir juste en Afrique. Là-bas plusieurs fois les frères m’ont dit : « La pauvreté pour nous n’est pas une valeur. Dans nos familles nous sommes pauvres. Pour cela nous n’avons pas besoin d’entrer dans l’Ordre ». Depuis cette remarque, la solution est vue uniquement dans l’afflux d’argent, qui doit réaliser le changement de « pauvres » à « riches ». Souvent dans notre travail missionnaire et dans l’usage de l’argent pour les missions nous avons exactement suivi ce principe. Ainsi nous avons rendu possible le change de camp d’abord aux membres de notre Ordre et à la Hiérarchie de l’Eglise, et ensuite aussi aux chrétiens et aux personnes d’autres religions. Tout le monde connaît les conséquences et les problèmes, car seulement dans des cas très rares tout cela se passe sans envies, luttes et jalousies. En particulier pendant des crise politiques et des périodes de guerres civiles la violence se déchaîne contre tant de structures e institutions ecclésiastiques et résidences de l’Ordre ainsi réalisées. Le constant besoin « d’argent frais » conduit à une dangereuse dépendance. Alors, comment pouvons-nous, suivant l’esprit de François, opter pour des relations nouvelles sans finir dans une fausse ascétique et sans lutter d’une façon acritique dans l’actuel système économique pour des positions meilleures pour nos gens ?

Economie Charismatique

Celle-ci est une histoire économique importante et grande, autant que celle “officielle”, mais ell est charismatique; si nous ne racontons et ne voyons pas cette histoire, nous ne voyons , ni racontons l’économie dans sa complexité, nous voyons seulement une partie de l’économie et de la société. L’économie de communion, tant d’expériences d’économie sociale, ou d’économie de commerce équitable et solidaire, sont expression de cet arbre séculier de l’humanité, d’une économie qui naît non d’intérêts, mais des charismes.

Caractéristiques de l’économie Charismatique
Toutes les expressions de l’économie charismatique naissent d’un mouvement non économique, d’une poussée idéale. La première place va à l’idéal et non ò l’économie.
Principe de gratuité: ce sont des expériences qui donnent place à des formes de gratuité, ce qui ne veut pas dire simplement faire les choses gratuitement, non pour gagner, mais pour solidariser.
Toutes les expressions d’économie charismatique naissent pour répondre à des besoins de personnes concrètes ; elles ne naissent pas de desseins abstraits faits sur la table, mais pour répondre à des besoins de personnes qui ont un nom et un prénom.
Ce sont des expériences liées à des fondateurs avec une forte identité.
Dimension de la réciprocité : on agit pour obtenir un résultat.

Des Réponses charismatiques

(Fr. Helmut Rakowski, OFMCap) Pour notre attitude envers l’argent et pour notre vie en dépendance de l’économie, nous les Capucins, nous avons développé une ainsi-dite « économie fraternelle », comme nouvelle forme de se mettre en relation au monde et, en même temps, annonce prophétique. C’est beaucoup plus qu’un système de comptabilité ou d’un partage fraternel des ressources de la maison parmi nous les religieux. Ses cinq principes constituent une critique prophétique au système courant, que beaucoup parmi nous ont accepté comme le seul système possible et ils nous appellent à construire avec l’argent que nous devons utiliser, des relations rédimées dans un monde de relations asymétriques :
a) la participation assure que tous ceux qui sont concernés, soient intéressés dans les décisions significatives qui sont prises. C’est ceci un élément important contre la manipulation et le secret des informations.
b) L’équité n’exige pas que chacun aie les mêmes choses, mais que chacun ait le droit à ce qui est nécessaire à une vie de dignité. C’est une forme où l’on reconnaît les différences personnelles et culturelles. Et c’est le refus d’évaluer les personnes avec le mètre de ce qu’elles possèdent.
c) La transparence garantit l’honnêteté, la responsabilité et les critères éthiques dans les transactions. Cela constitue une forte critique à la corruption, à la malhonnêteté et à la manipulation aux différents niveaux de la société.
d) La solidarité critique s’oppose à la volonté de profit que la richesse concentre dans les mains de peu de monde et agit comme moteur dans « l’économie de marché ». La solidarité se base sur l’expérience de saint François que ce que nous possédons vient de Dieu et que la seule chose qui est à nous est notre péché.
e) L’austérité n’est pas exactement seulement le choix personnel d’un style de vie simple, mais elle est aussi un choix communautaire contre tout ce qui détruit les relations avec Dieu et nos frères et sœurs. C’est une valeur fraternelle fondamentale qui garde les autres valeurs de la vie franciscaine. C’est une manière de rejeter un système qui fonctionne créant constamment des nouveaux désirs pour pouvoir vendre davantage. Sans l’autolimitation de l’austérité, la solidarité devient objet d’offense et de destruction.


[1] (première source et suggestion: Luigino Bruni, Cristianesimo ed uso dei Beni tra Gratuità e Mercato – Notiziario CNEC 6/2006 p. 2)
[2] Fr. Helmut Rakowski, OFMCap, Una Missione per il Denaro – SEDOS 2006.
[3] Missioni e Denaro Straniero. Riduzione dalla prefazione del libro di Jonahtan J. Bonk - Missions and Money