Lundi 26 août 2019
L’Amazonie est en feux. Elena Lasida, chargée de mission » Écologie et société » à la Conférence des évêques de France (CEF) revient sur ce « désastre écologique » que connait cette région depuis quelques semaines.

Depuis une quinzaine de jours la forêt amazonienne est en flammes. Ce désastre écologique vient s’ajouter à la fonte exceptionnelle des glaces du Groenland, aux incendies géants en Sibérie, à la mousson mortelle en Inde, à la sécheresse qui accable la forêt française… Toutes ces catastrophes viennent confirmer, s’il en était encore besoin, que le changement climatique n’est pas une hypothétique menace pour les générations futures, mais une réalité déjà pour aujourd’hui.

L’Amazonie, considérée le poumon de la planète, est en train de suffoquer. Elle fait entendre plus que jamais, avec un silence étourdissant, la « clameur de la terre » dont le Pape François se fait l’écho dans l’encyclique Laudato Si’. Or le Pape nous dit clairement que la « clameur de la terre » et la « clameur des pauvres » est un seul et même cri. Et ceci non seulement à cause des conséquences directes sur les populations habitant la forêt, mais aussi parce que ces manifestations extrêmes sont le résultat de la « culture du déchet » qui caractérise notre mode de vie actuel et nos modèles économiques dominants.

Le CELAM, Conseil Episcopal Latino-américain, s’est fait également écho de ce cri de la terre, et adresse un appel de survie autant aux gouvernements des pays plus directement concernés – le Brésil et la Bolivie – comme à la communauté internationale, soulignant l’effet néfaste de cet incendie pour toute la planète.

Cette catastrophe arrive, d’une part, au même moment que la réunion du G7 à Biarritz, et d’autre part, à la veille du synode de l’Amazonie convoqué par le Pape François. Deux rencontres majeures qui, à des niveaux différents, pourraient aider à accélérer le changement de paradigme dont notre planète a besoin. Espérons que les uns et les autres sauront entendre ce cri déchirant de la Création toute entière, et le transformer en « douleur d’enfantement » d’une terre nouvelle !

Elena Lasida – Chargée « Ecologie et société » à la CEF

Mgr Lafont :
« Nous sommes tous atterrés par les incendies en Amazonie »

« Nous sommes tous atterrés par les incendies extrêmement graves qui ravagent l’Amazonie brésilienne ». Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne nous invite à relire avec attention l’intervention du patriarche Bartholomée 1er sur la théologie de la création.

« La plus grande forêt du monde est en train de brûler. Les feux de forêt au Brésil ont augmenté de 83 % depuis le début 2019, par rapport à l’année précédente, notamment en Amazonie en raison de la déforestation et de la sécheresse. Entre janvier et août, 72 843 départs de feu ont été enregistrés dans le pays, contre 39 759 sur la totalité de l’année 2018, selon des chiffres de l’Institut national de recherche spatiale (Inpe) qui observe notamment l’évolution de la forêt au Brésil. » (France-Guyane, 23 août, page 6). J’invite tous les catholiques à relire cette magnifique conférence du patriarche de Constantinople, Bartholomée 1er, sur la « Théologie de la création. » et à se demander comment répondre, personnellement déjà, aux appels pour « sauvegarder la maison commune » (Pape François) Le patriarche nous invite à :

  • Avoir un regard sacramentel sur la création – reflet de Dieu
  • Développer un esprit eucharistique – qui remercie de ce que Dieu nous offre
  • Entrer dans une éthique ascétique – une sobriété de vie en respect de la vie des hommes et de la nature
  • Pour vivre en solidarité de fraternité avec tous.

Le dimanche 1er Septembre est une journée mondiale de prière pour La sauvegarde de la création. Nos paroisses feront un effort particulier cette année pour honorer ce jour, eu égard au désastre écologique qui touche l’Amazonie et à la préparation du Synode, à Rome, en octobre, sur l’Amazonie.
[Publié le 26 août 2019, eglise.catholique]