Chez Luc, c’est en redescendant de la montagne que Jésus proclame les Béatitudes. Chez les deux évangélistes, cette mention de la montagne est significative : Moïse avait reçu la première Loi sur la montagne du Sinaï et, redescendu, l’avait transmise à Israël. Matthieu et Luc veulent nous dire que Jésus nous donne maintenant une Loi nouvelle, reçue de Dieu. (...)

Les huit portes du Royaume

Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.
Matthieu 5,1-12

Nous sommes arrivés à la première étape de notre marche à la suite de Jésus. Nous ferons une longue halte avec le Seigneur sur une montagne appelée celle des Béatitudes. Là, Jésus nous adressera un long discours qui occupe trois chapitres de l’Évangile selon Matthieu (Mt 5–6–7). C’est le premier des cinq grands discours de Jésus selon saint Matthieu, et certainement le plus décisif. Il s’agit de son discours programmatique, dans lequel Jésus présente l’essence du style de vie de son disciple.

Les sept montagnes de l’Évangile de Matthieu

On peut dire que l’évangéliste Matthieu aime les montagnes. On trouve quatorze fois le mot « montagne » dans son Évangile. Sept montagnes, en particulier, rythment la vie publique de Jésus : depuis les tentations, après son baptême, jusqu’au mandat apostolique, après sa résurrection. Il ne s’agit pas de montagnes « physiques », mais de lieux ayant une valeur « théologique ». La montagne porte une forte charge symbolique de proximité avec Dieu. Il est donc inutile de chercher la montagne des Béatitudes sur une carte géographique. En effet, saint Luc situe ce discours dans une plaine. Ces sept montagnes, symbole de plénitude, jalonnent l’Évangile de Matthieu.

  1. La montagne des Tentations (Mt 4,1–11) : point de départ de la mission ;

  2. La montagne des Béatitudes (Mt 5,1–7,29) : ici Jésus proclame la « nouvelle Torah » ;

  3. La montagne de la Prière (Mt 14,23) : lieu d’intimité avec le Père et de discernement de la mission ;

  4. La montagne de la Transfiguration (Mt 17,1–8) : où Jésus est révélé comme le Fils et la Parole définitive ;

  5. La montagne des Oliviers (Mt 24–25 ; 26,30) : montagne de l’attente et du jugement, où Jésus prononce le discours eschatologique et affronte l’agonie avant la Passion ;

  6. La montagne du Calvaire (Mt 27,33) : apparemment une défaite, en réalité l’intronisation du Roi messianique ;

  7. La montagne de la Mission (Mt 28,16–20), une montagne en Galilée (non nommée) : ici Jésus ressuscité confie aux disciples la mission universelle.

Les sept montagnes forment un itinéraire théologique de la vocation chrétienne :
Tentations → Loi → Prière → Révélation → Attente → Croix → Mission.

La montagne des Béatitudes

« Voyant les foules, Jésus monta sur la montagne ; il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. » La « montée sur la montagne » et le « fait de s’asseoir » sont des gestes solennels du Maître qui s’assied en chaire. Il s’agit d’une référence à Moïse sur le mont Sinaï. Cette « montagne » est donc le nouveau Sinaï, d’où le nouveau Moïse promulgue la nouvelle Loi. La Loi de Moïse, avec ses interdits, fixait les limites à ne pas franchir pour demeurer dans l’Alliance de Dieu. La nouvelle Loi, au contraire, ouvre les horizons d’un nouveau projet de vie !

« Il se mit à parler et les enseignait en disant : Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux. » Le discours de Jésus s’ouvre par les huit Béatitudes (la neuvième, adressée aux disciples, est un développement de la huitième). Elles sont le prologue du discours de Jésus et le résumé de l’Évangile. C’est un texte très connu, mais qui, précisément pour cette raison, risque d’être parcouru trop rapidement, en laissant presque inaperçues, derrière une apparente simplicité, sa richesse, sa profondeur et sa complexité. Ce n’est pas par hasard que Gandhi affirmait lui aussi que ce sont « les paroles les plus élevées de la pensée humaine ».

Je voudrais simplement vous inviter à lire, relire, méditer et prier ce texte. J’ose toutefois partager avec vous quelques réflexions qui peuvent nous aider à nous en approcher.

Les Béatitudes NE SONT PAS…

  1. Les Béatitudes ne sont pas le rêve d’un monde idéalisé et inaccessible, une utopie pour rêveurs. Pour le chrétien, elles sont un critère de vie : ou nous les accueillons, ou nous n’entrerons pas dans le Royaume ! Elles ne sont cependant pas une nouvelle loi morale.

  2. Les Béatitudes ne sont pas un éloge de la pauvreté, de la souffrance, de la résignation ou de la passivité. Bien au contraire : elles sont un discours révolutionnaire ! C’est pourquoi elles suscitent l’opposition violente de ceux qui se sentent menacés dans leur pouvoir, leur richesse et leur statut social.

  3. Les Béatitudes ne sont pas un opium pour les pauvres, les souffrants, les opprimés ou les faibles, car elles endormiraient la conscience de l’injustice dont ils sont victimes, les conduisant à la résignation. Même si elles l’ont été bien souvent dans le passé. Elles sont, au contraire, une adrénaline qui stimule le chrétien à s’engager dans la lutte pour l’élimination des causes et des racines de l’injustice !

  4. Les Béatitudes ne sont pas un report du bonheur à la vie future, dans l’au-delà. Elles sont source de bonheur déjà dans cette vie. En effet, la première et la huitième béatitude, qui encadrent les six autres, ont le verbe au présent : « car le Royaume des Cieux est à eux ». Les six autres béatitudes ont le verbe au futur. Il s’agit néanmoins d’une promesse qui rend le bonheur déjà présent aujourd’hui. C’est la garantie que le mal et l’injustice n’auront pas le dernier mot. Le monde n’est pas et ne sera pas celui des riches et des puissants !

  5. Les Béatitudes ne sont pas (seulement) personnelles. C’est la communauté chrétienne, l’Église, qui doit être pauvre, miséricordieuse, pleurer avec ceux qui pleurent, avoir faim et soif de justice… pour rendre témoignage à l’Évangile !

Les Béatitudes SONT…

  1. Les Béatitudes sont un cri de bonheur, un Évangile adressé à tous. « Heureux » (makários en grec) peut se traduire par heureux, félicitations, bravo, je te félicite… Mais prenons conscience que ce message est en totale contradiction avec la mentalité dominante du monde.

  2. Les Béatitudes sont… une seule ! Les huit sont des variations d’une unique réalité. Chacune éclaire les autres. En général, les commentateurs considèrent la première comme fondamentale : « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux ». Toutes les autres sont, d’une certaine manière, des formes différentes de pauvreté. Chaque fois que, dans la Bible, on cherche à renouveler l’Alliance, on recommence en rétablissant le droit des pauvres et des exclus. On pourrait cependant se demander : pourquoi n’y a-t-il pas de béatitude sur l’amour ? En réalité, elles sont toutes des explicitations concrètes de l’amour !

  3. Les Béatitudes sont une personne : elles sont le miroir, l’autoportrait du Christ. Pour les comprendre et en saisir les nuances, il faut regarder Jésus et voir comment chacune d’elles s’accomplit en sa personne.

  4. Les Béatitudes sont la clé d’entrée dans le Royaume de Dieu pour tous : chrétiens et non-chrétiens, croyants et non-croyants. En ce sens, les Béatitudes ne sont pas « chrétiennes ». Elles définissent qui entrera dans le Royaume. C’est ce que nous dit Matthieu 25, à propos du jugement final.

  5. Les Béatitudes sont huit portes d’entrée dans le Royaume. Pour y accéder, nous devons franchir l’une de ces portes et appartenir à l’une des huit catégories des Béatitudes.

Conclusion : quelle est ma béatitude ? Celle vers laquelle je me sens particulièrement attiré ? Celle que je perçois comme ma vocation, par tempérament et par grâce ? Voilà ma porte d’entrée dans le Royaume !

P. Manuel João Pereira Correia, mccj

La montagne, lieu des Béatitudes

Matthieu 5, 1-12

Chez Luc, c’est en redescendant de la montagne que Jésus proclame les Béatitudes. Chez les deux évangélistes, cette mention de la montagne est significative : Moïse avait reçu la première Loi sur la montagne du Sinaï et, redescendu, l’avait transmise à Israël. Matthieu et Luc veulent nous dire que Jésus nous donne maintenant une Loi nouvelle, reçue de Dieu. Alors que le décalogue ne donnait que des prescriptions négatives, à part le respect des parents, la Loi nouvelle nous oriente vers des attitudes positives. La Loi ancienne nous signalait les limites à ne pas franchir pour rester dans le domaine de l’amour, la Loi nouvelle nous ouvre des horizons nouveaux.

Remarquons que les Béatitudes nous annoncent un bonheur présent (« Heureux ceux qui ») causé par l’accomplissement d’une promesse qui ne sera tenue que dans l’avenir (« Ils obtiendront, ils seront consolés, rassasiés »). C’est donc l’espérance qui est à la source d’un bonheur actuel. Une fois de plus, il nous est dit que nous sommes en route vers un accomplissement. Il va falloir descendre du Sinaï et marcher vers la terre promise.

Luc insiste sur le «maintenant», car ce maintenant est le lieu de la faim, des larmes, de l’injustice. Si Jésus insiste tant pour nous dire que ce maintenant est aussi temps du bonheur, c’est bien parce que cela ne saute pas aux yeux. En attendant le dénouement, nous avons à mettre au monde, déjà, la miséricorde, la paix, la justice L’avenir dans le présent. Voilà qui déplaît à beaucoup. D’où la persécution ou le mépris. Tout cela « à cause de moi », à cause du Christ. Pour être son disciple, pour être chrétien, il ne suffit pas d’aller à la messe, il faut le suivre là où il est allé.
Descendons de nos montagnes.

Le grand désaccord

Ne soyons pas surpris si la foi chrétienne connaît à l’heure actuelle une importante désertion. Nous sommes en contradiction avec le culte de la richesse, de l’exploitation des plus démunis, du sexe sans amour. Le mensonge, les pots de vin, le bourrage de crâne pour mieux dominer, la recherche de la notoriété… Le message chrétien arrive comme un cheveu dans cette soupe. À vrai dire, ceux qui ont à le diffuser ne sont pas toujours exempts de volonté de puissance. Certains disent et ne font pas. Avouons que nous en sommes tous là, plus ou moins. D’où l’insistance de Jésus. Heureux ceux qu’il arrive à convaincre ! Certes, il y a beaucoup de gens qui aident les autres et travaillent pour la justice, même des non-chrétiens. Ceux-là, un jour, entendront le Christ leur dire : « Vous ne le saviez pas, mais c’est à moi que vous l’avez fait. » Remarquons qu’il n’est question dans les Béatitudes ni de culte, ni de prières etc. Rien de typiquement « religieux ».

Au fond, tout est ramené à l’humain, au vraiment humain. L’humain en la plénitude de sa vérité réside dans le Christ, « l’homme achevé, l’homme terminal », comme le nomme Paul en 1 Corinthiens 15.

L’homme qui n’existe que pour les autres. C’est pourquoi il se livre entre nos mains, dans cette condition de pauvre qui appelle notre bienveillance. Celui qui nous appelle n’est pas un prophète victorieux par les armes, mais un crucifié. C’est vers lui, que nous transperçons tous les jours, que nous avons à tourner les yeux. Constatons que nous adhérons à un message, à une bonne nouvelle qui est en complète contradiction avec la mentalité qui règne dans notre monde, ce monde dont nous ne sommes pas mais dans lequel nous vivons (Jean 17,6-19).

La bonne nouvelle du bonheur

Selon Matthieu, dès qu’il a acquis une certaine notoriété (4,23-24), Jésus fait en quelque sorte son discours programme. Le célèbre Sermon sur la montagne rassemble et récapitule l’essentiel de l’Évangile. Les Béatitudes en sont le prologue. Pour beaucoup de gens, la foi chrétienne est austère, pleine de tabous, contraignante… Or le message du Christ commence par l’annonce du bonheur et c’est à juste titre qu’on l’appelle « Bonne Nouvelle ». Mais, dira-t-on, il y a la croix, et notre lecture d’aujourd’hui se termine par l’annonce de persécutions. Justement l’essentiel est là. En effet les croix, les persécutions, les prises d’otages, les génocides, les guerres saintes sont en radicale contradiction avec l’Évangile, affligent l’humanité et matérialisent le non-humain qu’il y a encore en l’homme. Le Christ vient nous révéler que, même si nous sommes les victimes de cette violence, nous pouvons trouver en toute chose, et même en cela, le bonheur. À une condition : que nous ne pactisions pas avec cette cruauté. Le message des Béatitudes nous invite à éviter tout comportement agressif. L’anti-violence serait en contradiction avec elle-même si elle avait recours à la violence. Nous voici donc appelés à être à la fois heureux et démunis, dans la certitude que par là nous sommes pris en charge par Dieu, parce que nous sommes alors à son image et ressemblance.

Bienheureux les cœurs purs

Rien, ni la persécution, ni la trahison, ni la maladie, ni la solitude, ne peut nous ravir le bonheur d’être avec Dieu, puisqu’il est venu partout où nous pouvons aller, même à la pire souffrance, même à la mort. Oui, mais pour cela il faut que Dieu nous suffise, que nous soyons habités par un seul désir, au point de le préférer à notre vie même. Il ne suffit pas de croire que Dieu existe, il faut encore que nous acceptions d’être habités par lui. La pauvreté en esprit, c’est cela, et toutes les autres béatitudes ne font que commenter cette préférence, ce vide, cette virginité où il peut faire sa demeure en imprimant en nous sa ressemblance. Notre problème est que, la plupart du temps, nous n’avons pas le cœur pur, c’est-à-dire animé par un seul désir. Nous désirons alors plusieurs choses contradictoires. Servir Dieu, d’accord, mais aussi accumuler des biens, acquérir un statut social, être vu, admiré, écouté. « Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur » (Matthieu 6,21). Où sont nos trésors ? Ne rêvons pas : il faut souvent toute une vie pour parvenir à cette pureté de cœur, jusqu’au jour où nous devons renoncer à notre corps lui-même. C’est à ce moment-là seulement que nous pourrons goûter totalement au bonheur promis. En attendant, nous n’en avons que les arrhes. Notre bonheur actuel se fonde uniquement sur notre foi et notre espérance.

Et l’amour ?

Plusieurs seront surpris de ne pas trouver la mention de l’amour dans la liste des Béatitudes. Nous aurions apprécié de trouver une sentence du genre : bienheureux ceux qui aiment, ils seront traversés par l’amour de Dieu. Pour comprendre cette omission dans notre évangile, nous devons reconnaître qu‘on peut très bien parler d’amour sans prononcer le mot. Heureusement, car ce mot est plein d’ambiguïtés. Par exemple, au lieu du don de soi, il peut signifier le désir de posséder. En fait, les Béatitudes concrétisent les divers aspects et les conditions de l’amour.

Prenons-les une à une, et nous pourrons constater que le contraire de chacune d’elles cache le recours à la violence et le mépris de l’autre. Dès lors, on comprend que le message du Christ soit mal reçu et suscite des réactions hostiles. Inviter à renoncer à la volonté de puissance et à nos satisfactions personnelles pour faire exister les autres ne peut que susciter des réflexes de défense difficiles à dépasser. Confondre la «seigneurie», c’est-à-dire l’exercice d’un pouvoir, avec le statut de serviteur ne peut que déconcerter. Et pourtant, si nos dirigeants n’en viennent pas là, nous sommes voués à une forme subtile d’esclavage. Les Béatitudes valent en toutes situations et à tous les niveaux.

Heureux les pauvres

Les huit béatitudes sont des «parallélismes synonymiques» : pauvres, doux, ceux qui pleurent, etc. sont des expressions équivalentes ; idem pour obtenir le royaume, posséder la terre promise, être consolé, etc. En d’autres termes, si vous voulez savoir ce que signifie « être pauvre de cœur », méditez les huit formulations. Vous apprendrez aussi ce qu’est le « Royaume des cieux », expression qui encadre les béatitudes et se détaille en « terre promise, être consolé, être rassasié, obtenir miséricorde, voir Dieu ». Jésus nous met ainsi en face de deux sagesses, deux manières de concevoir et d’aborder la vie. Chaque béatitude renvoie en effet à son contraire : riches de cœur, violents, satisfaits, etc. Ce texte, qui ressemble au Magnificat, ne nous parle pas de la pauvreté matérielle, qui n’est pas une « vertu » mais un mal qu’il faut supporter quelquefois, combattre toujours.

«Que cherchez-vous ?»

C’est la première question que Jésus pose à ses disciples, en Jean 1, 38. Question fondamentale. Où va réellement notre désir ? Sous son apparence «morale», cette question recouvre en réalité un enjeu de foi : celui qui ne croit pas vraiment que Dieu est amour ne peut se sentir en sécurité que s’il accumule autour de lui des assurances. Plus il possède, plus il se fortifie dans l’illusion de sa propre valeur. Plus il domine les autres, s’il le faut par la violence avouée ou cachée, moins il a besoin de Dieu, qu’il se rend incapable de «voir». La richesse peut prendre diverses formes : on peut mettre au-dessus de tout sa compétence professionnelle, sa beauté, sa force physique… et même ses vertus morales, sa «vie spirituelle», en laquelle on peut prétendre trouver sa sécurité. Tout ce que nous croyons posséder devient aussitôt idole et remplace pour nous le « Royaume de Dieu ». Le pauvre n’est pas celui qui a peu mais celui qui sait qu’il n’est propriétaire de rien.

Le Christ pauvre

C’est le 4e évangile qui nous fait le mieux découvrir la pauvreté du Christ. Celui-ci dispose de beaucoup de choses qui sont des richesses étonnantes : son autorité en paroles et en actes, son pouvoir sur tout ce qui est hostile à l’homme, une sagesse indépassable, etc. Mais il ne possède rien de tout cela. Ses œuvres ? Ce sont celles du Père. Ses paroles ? Elles ne sont pas de lui mais de celui qui l’a envoyé. Il n’a rien à lui. Il est comme traversé par Dieu et c’est bien pour cela qu’il est transparent et qu’en lui nous pouvons découvrir la présence et l’action du Père. Cela vaut pour nous. Paul dira : « Possédant comme ne possédant pas » (1 Corinthiens 7,30-31). Là se trouve le secret de la vraie pauvreté évangélique : nous ne possédons pas parce que notre trésor est ailleurs, dans la miséricorde qui nous fait partager, dans la douceur qui surmonte notre violence, dans la faim et la soif de la justice.
Marcel Domergue

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