Le Fr. Mario Rossignoli était né le 2 août à Oppeano (Vérone). Après avoir fréquenté l’école secondaire, option classique, il entra dans l’Institut combonien. En réalité, il voulait devenir prêtre, mais pour différentes raisons, il choisit de devenir Frère. Il deviendra un constructeur, un enseignant, un catéchiste, mais aussi un grand animateur des vocations. Il aimait dire: “La mission a rempli ma vie jusqu’au bout”.
Après Vérone (1953-1954), Thiene (1954-1955), puis encore Vérone et Gozzano (1955-1956), il fit son noviciat à Florence et sa première profession le 25 mars 1958; il fit sa profession perpétuelle le 9 septembre 1962.
En 1958 le Fr. Mario fut envoyé en Grande Bretagne pour la construction du séminaire de Mirfield. A ce moment-là, l’Institut avait constitué une équipe de Frères chargés de la construction de maisons et de séminaires dans différents Pays. “Je me rappelle – raconte le P. Enrico Redaelli – d’avoir rencontré, des années après, le chef maçon de la place: il parlait encore avec enthousiasme et admiration de ces Frères qui se levaient très tôt pour la prière et la Messe, prenaient leur petit déjeuner et vite étaient prêts pour commencer leurs activités. Quand il arrivait, ils avaient déjà avancé pas mal dans les travaux”.
En 1961 le Fr. Mario alla à Vérone pour un temps, dans le bureau de “Nigrizia”, puis de 1963 à 1965 il fut à Londres, chargé de l’administration de “Missions” et du bureau de la diffusion. C’est à ce moment qu’il commença à développer son intérêt pour l’animation missionnaire et la pastorale des vocations.
De 1965 à 1971 il travailla en Ouganda, dans la région du West Nile, d’abord à Otumbari et ensuite à Ajumani. “Le Fr. Mario a été une bénédiction – écrit le P. Phillip Andruga – et un ami bon pour beaucoup, surtout pour les jeunes avec lesquels il faisait un chemin dans la direction spirituelle et de la vocation. Ils lui avait donné le surnom de Frère Kaffifi, qui signifie lumière”.
En 1972, il retourna en Italie, à Bari, au centre d’animation missionnaire, et il y resta jusqu’en 1979, pour essayer d’animer les Frères pour qu’ils apprécient ce type de service dans l’Institut. Nous lisons à ce propos dans une de ses lettres, parues dans MCCJ Bulletin n. 119, écrite justement de Bari en 1978: “Je voudrais inviter tous les Frères (les jeunes et les moins jeunes) qui ont beaucoup d’enthousiasme pour leur vocation et pour leur expérience missionnaire merveilleuse: restez un peu de temps dans votre pays pour communiquer un peu de votre enthousiasme aux jeunes, pour les contaminer par votre joie dans l’envie de se donner. Les jeunes veulent des témoignages vivants”.
En 1979 il fut de nouveau affecté à l’Ouganda, pour le diocèse de Arua, et il travailla à Moyo, chargé de la maison, jusqu’en 1981. Il passa encore deux ans à Juba, au Sud Soudan, et à la fin de 1982 il fut appelé en Italie; il se consacra, pendant environ dix ans, à la pastorale des vocations dans les GIM de Padoue et ensuite dans celui de Lecce.
Il fut encore affecté au Sud Soudan, où il travailla dans les services de la maison et de la pastorale des vocations pendant 22 ans: d’abord à Juba, ensuite à Pakele-Kocoa, à Moyo (Centre des vocations), à Lomin (Kajo Keji), à Agang-Rial, à Yirol et enfin encore à Juba.
En 2007 le Fr. Mario retourna définitivement en Italie. Pendant le voyage de retour il était accompagné par le P. Luciano Perina; celui-ci raconte qu’à l’aéroport le Fr. Mario ne se sentait pas bien, il respirait avec difficulté et il était resté assis près de la porte d’entrée pour avoir de l’air, en demandant excuse à toutes les personnes qui passaient. Au moment du check-in, devant l’employé chargé du contrôle des bagages, le P. Luciano s’était aperçu qu’ils étaient fermés à clef et que la clef était restée chez le Fr. Mario qui était encore à l’entrée de la grande salle, remplie de personnes qui allaient et venaient. Quand le P. Luciano fit remarquer cela à l’employé, celui-ci, en essayant de voire de loin qui était “le malade”, reconnut le Fr. Mario et dit: “je connais très bien cet homme. Il est venu chez moi beaucoup de fois, il m’a appris tant de bonnes choses, il a baptisé mon enfant, c’est un saint homme”. Ainsi, en rappelant la gentillesse et la sympathie du Fr. Mario, son zèle pour le Seigneur et pour le bien des gens, au lieu de contrôler les bagages… il les porta lui-même au lieu où on devait les charger dans l’avion! Et le P. Luciano et le Fr. Mario purent poursuivre leur vol. Ils ont fait une escale à Addis Ababa; ils devaient attendre cinq heures et aller chercher à manger. En prenant un petite soupe, le Fr. Mario dit: “Je me sens beaucoup mieux. Est-ce qu’on pourrait rentrer à Juba? Je n’ai que 75 ans, et même si je n’arrive plus à faire beaucoup d’activités, je pourrais rester avec les confrères et prier pour tout le monde!”.
En Italie il alla d’abord à Vérone, ensuite à Arco et encore après, en 2012 à Vérone, pour les soins médicaux: “Quand je m’aperçois que la souffrance arrive – disait-il – j’ai devant moi trois options: me révolter, ou la supporter, ou bien l’accepter comme un don et remercier le Seigneur. Je peux choisir de prendre cette coupe, avec courage. Comprenez-moi bien, le chrétien ne doit pas chercher la souffrance, mais devant elle il a la possibilité de l’accepter comme un don, ainsi que l’a fait Jésus”. Le Fr. Mario est décédé à Vérone le 5 janvier 2014.